UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

Histoire du champagne

Les bouteilles

En même temps que l’on prépare la cuvée on se préoccupe des bouteilles qui seront utilisées au tirage. La bouteille de champagne doit avoir pour qualité première la solidité. Elle est conçue de manière à pouvoir résister pendant 3 semaines à une pression continue de 12 atmosphères et durant quelques minutes à une montée de pression de 20 atmosphères. C’est donc calculé très large et une casse exagérée ne pourrait plus résulter que de bouteilles défectueuses ; la perte est considérée comme acceptable jusqu’à 1 %, taux à partir duquel les verreries, généralement, remplacent chaque bouteille cassée par 7 bouteilles neuves, mais elle l’atteint rarement. Les bouteilles ayant servi pour une prise de mousse pourraient même, maintenant, être réemployées, mais on évite de le faire en raison des servitudes du nettoyage, qui doit être très poussé. Elles sont réutilisées pour le cidre et pour la gueuze belge.
La bouteille de champagne est lourde. Son poids, qui est la rançon de sa solidité, est de 900 g, soit 1,650 kg lorsqu’elle est pleine. La champenoise est normalement translucide et de couleur vert foncé, avec une forme qui lui est propre et qui est universellement cornue. A la partie supérieure du goulot, d’une largeur intérieure de 17,5 mm et extérieure de 30 mm, se trouve la bague, qui fournit un appui au système de fixation du bouchon. L’épaulement a une courbe peu prononcée, sans renflement, ce qui facilite le glissement du dépôt lors du remuage et assure une bonne résistance à la pression interne. Le fût, d’une largeur de 88,4 mm, cylindrique, se termine par le jable, partie très épaisse sur laquelle repose la bouteille. Le fond comporte une cavité conique, la piqûre, d’une profondeur de 30 mm. La piqûre existe depuis l’origine de la bouteille de champagne et les raisons pour lesquelles elle a été imaginée sont obscures. La plus vraisemblable, selon les verriers, est qu’elle permettait l’ajustement de la capacité en fabrication manuelle, tout en donnant au fond une meilleure résistance mécanique à la pression. La piqûre permettant d’empiler les bouteilles tête en bas, on peut également penser qu’elle aurait été conçue dans ce but. On se demande enfin si cette forme n’aurait pas été choisie pour permettre d’emboîter la bouteille sur un cône pour - la maintenir pendant le travail de finition faisant suite au soufflage. On verra qu’il existe pour les cuvées spéciales des bouteilles qui se démarquent de la champenoise par la couleur et la forme, et même par la nature du verre.
A côté de la classique bouteille de champagne existent ou ont existé pas moins de 11 contenants de différentes tailles, plus petits ou plus grands, mais de forme analogue, les largeurs du goulot et du fût variant en proportion de l’importance, celle du goulot étant cependant identique pour la demi-bouteille, la bouteille et le magnum. Voici quelles étaient les différentes bouteilles en service en 1983 avec leur taille et leur contenance effective telles qu’elles résultaient des volumes nominaux (quantité de vin contenue dans la bouteille) définis par l’Arrêté du 18 mai 1979 et l’Arrêté du 10 novembre 1980, reprenant des directives de 1974 de la Communauté économique européenne :

Aux termes des arrêtés précités, le réhoboam ne peut plus être commercialisé après 1983 et il a été décidé dès 1981 d’en arrêter la fabrication ; quant au mathusalem et au salmanazar, ils ne figuraient pas dans la directive européenne et des démarches ont été effectuées en vue d’obtenir leur maintien sur le marché communautaire. On a vu dans la partie historique que l’on a trouvé pendant très peu de temps, dans les années cinquante, le balthazar, qui contenait 16 bouteilles et mesurait 80 cm, et le nabuchodonosor, qui contenait 20 bouteilles et mesurait 92 cm, et qu’autrefois le huitième a existé. Quant au médium, la pinte impériale, dont la hauteur était de 28 cm et le volume nominal de 0,60 1, il a presque disparu ; en 1972, il ne comptait déjà plus que pour 0,08 % de l’exportation, son seul débouché.

La fabrication des bouteilles de champagne se fait par soufflage mécanique dans des usines qui sont à la pointe du progrès, certaines avec machines pilotées par ordinateur, avec manutention et réglage automatiques et contrôle par laser. Elles sont généralement livrées aux utilisateurs sous double housse plastique étanche, après avoir été aseptisées en fin de fabrication. De ce fait leur lavage avant tirage n’est théoriquement pas indispensable. Le plus souvent il est cependant pratiqué, à l’eau pure dans un chantier de lavage, à la main avec goupillon, crécelle et appareils à pression, ou automatiquement ; il se termine par un séchage très poussé.