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Chanoine Jean Godinot

Bienfaiteur de Reims et du champagne.
Fils d’un corroyeur mort jeune, laissant sept enfants et une fortune médiocre, Jean Godinot naquit à Reims en 1661. Il fit ses premières études chez les Jésuites et termina ses cours à Paris.


Fils d’un corroyeur mort jeune, laissant sept enfants et une fortune médiocre, Jean Godinot naquit à Reims en 1661. Il fit ses premières études chez les Jésuites et termina ses cours à Paris. Chanoine de la collégiale de Saint-Symphorien, directeur du Séminaire, chanoine de la Cathédrale, il obtint des lettres de grand vicaire des chanoines de la Sainte-Chapelle de Paris, abbés de Saint-Nicaise de Reims.

Syndic de la Faculté de théologie, l’abbé Godinot protesta contre les agissements de l’archevêque. Exclu des assemblées du Chapitre (1721) et de la Cathédrale (22 octobre 1722) jour du sacre de Louis XV, il lui fut encore interdit de paraître, sa vie durant, dans les assemblées capitulaires.

Godinot, en semi-retraite, fit valoir ses vignes de champagne, améliora les procédés en usage pour la culture, le pressurage des vins et répondit par des bienfaits à la persécution dont il était injustement victime. En 1735, Jean Godinot conçut le projet d’utiliser la fortune qu’il avait acquise dans le commerce des vins récoltés à Taissy, Verzenay, Bouzy, etc. Avant d’exécuter les magnifiques projets qu’il méditait depuis longtemps, il gratifiât tous ses héritiers en prélevant d’avance sur sa fortune, en argent comptant ce qu’il pensait devoir leur revenir.

L’abbé Godinot consacra ensuite toute sa fortune à des actes de bienfaisance, mais son œuvre capitale fut l’établissement des fontaines publiques (1747) qu’il eut la joie de voir fonctionner. Le jour que devaient commencer à couler les fontaines, écrit un contemporain, M. Godinot se rendit au Château-d’Eau, accompagné des officiers municipaux, suivi de toutes les personnes les plus distinguées et d’une foule innombrable de peuple. Il n’est pas possible d’imaginer un spectacle plus frappant. Le vénérable vieillard était placé sur une petite éminence d’où il pouvait contempler son ouvrage et la multitude des spectateurs. On voyait briller sur son visage cette douce satisfaction, cette joie pure que font goûter les bienfaits.

La reconnaissance publique fit graver sur une pierre de la fontaine établie, rue Vauthier­-le-Noir, contre la maison de Godinot : EAU LA PLUS SAINE. L’immeuble, converti au XIXe siècle en École supérieure, est remplacé par une maison bourgeoise ; mais la pierre commémorative a été recueillie dans la Maison de champagne Pommery.

Tombé malade au mois de mars 1749, il vit accourir à son chevet une partie de ses confrères qui essayèrent d’obtenir de sa faiblesse une rétractation de ses idées contraires à l’infaillibilité papale. Mais l’octogénaire éconduisit tous les solliciteurs et mourut le 15 avril 1749, dans sa quatre-vingt-huitième année.

Depuis 1843 une Fontaine publique placée devant le siège de l’Union des Maisons de Champagne perpétue la mémoire du Chanoine Godinot, Bienfaiteur de Reims et du Champagne