UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

Vendanges par millésime

1949 - L’état sanitaire de la vendange et la qualité des moûts.

L’ouverture de la vendange, fixée officiellement le 19 septembre, a pu paraître pour certains un peu hâtive et pour d’autres trop tardive. Cependant, tous les vignerons ne sont pas placés dans les mêmes conditions et tous n’ont pas les mêmes possibilités de main d’œuvre pour rentrer leur récolte. Avec des conditions atmosphériques normales par la suite, la vendange ne pouvait que gagner encore en qualité sans risquer de pertes sur la quantité. Mais des conditions anormales sont survenues, activant les phénomènes de maturité.

Le temps orageux et lourd qui n’a cessé de régner jusqu’au 24 septembre, la nuit comme le jour, avec des précipitations nocturnes, a été néfaste. Les raisins les plus mûrs ont commencé à pourrir en raison de l’humidité, l’eau absorbée par les racines a augmenté rapidement les solutions salines qui ont fait grossir les grains et ont attendri les pellicules. L’apparition imprévue de la pourriture grise qui en est résultée et son évolution parfois rapide ont alarme les vignerons.
Encore faut-il souligner que les dégâts occasionnés ont été très variables d’un cru à l’autre et même d’une parcelle à une autre.

L’enherbement a été un facteur favorable ; le déroulement de la floraison a pu aussi influer ainsi que le sol, le cépage et les sélections. Avec le pinot noir, en particulier à Bouzy, la vendange a été plus belle qu’avec le chardonnay ou le pinot meunier. Dans l’ensemble, bien que la maturité ait été accélérée de façon exceptionnelle, la pourriture grise n’a pas entraîné de grosses pertes, même dans les derniers marcs qui ont été rentrés du 12 au 18 octobre. On a pu le juger d’après les détours qui n’ont pas été considérables.

Cependant, l’épluchage a été pratiqué plus largement et avec plus de soins que l’an dernier. Enfin, vignerons et négociants ont vendangé séparément les deux faces des vignes grêlées et laisser les grappes atteintes quelques jours de plus sur les ceps.

Une telle séparation des grappes a permis de conserver à la récolte saine toutes ses qualités et de soigner et traiter en conséquence les moûts et les vins issus des raisins altérés par la grêle. Dans un nombre important de crus, un léger cuidage a été enregistré. La qualité a été influencée par les précipitations orageuses du début de vendange en ce qui concerne principalement la richesse en sucre des moûts. Nul doute qu’avec un temps plus sec, les degrés se seraient élevés, alors qu’ils ont stationné, même dans les grands crus, entre 10,5 et 11°. Les meilleurs lieudits ont donné des moûts dépassant 11,5°, mais n’atteignant pas 12°. L’acidité totale s’est maintenue cependant à un niveau normal, même en fin de vendange, allant de 6 à 7 g H2SO4/I et même au-dessus dans quelques cuvées. Ce sont des indices qui permettent de dire qu’un bon équilibre entre l’alcool et l’acidité totale existera dans les vins, ce qui est un gage sérieux de leurs qualités futures.

Les vins de l’année 1949 ont donné naissance à un très bon millésime, excellent à son apogée.

Analyses réalisées par les Ingénieurs & Œnologues des services techniques de l’AVC - CIVC.