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Commission tripartite du Champagne (depuis 1919)

Les Maisons de champagne n’ont pas attendu leur regroupement syndical en 1882 pour se préoccuper activement de la situation sociale des familles de leurs salariés. Chacune rivalisait avec les autres pour développer un mécénat social progressiste et paternaliste dont le bilan permet d’affirmer qu’à cette époque déjà, les salariés des Maisons bénéficiaient d’employeurs généreux et d’un statut social plus avantageux que les autres.
Aujourd’hui, ils profitent du statut de la Convention collective du champagne, avenant régional à la CNVS (Convention Nationale des industries et commerces en gros des Vins, cidres, Spiritueux, sirops, jus de fruits et boissons diverses) dont le rapport de branche 2013 peut être consulté.
L’UMC est un adhérent direct du Conseil National des Vins et Spiritueux CNVS.

Dès 1886, le statut social des salariés a fait partie des préoccupations des Maisons, date à laquelle elles participent financièrement à la création d’une Société de Secours Mutuel des Ouvriers des Caves de Reims (elle existe encore sous le nom de Corporation des Tonneliers & Cavistes).

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Caviste

A Épernay, l’hôpital Auban Moët, comme à Reims l’Hôtel historique de la Mutualité et l’importante maison de retraite offerte par Roederer, ou encore la colonie de vacances Taittinger de l’île de Ré, rappellent aujourd’hui encore la longue tradition de mécénat social des Maisons de Champagne.

En 1919, deux commissions de dialogue paritaire voient le jour, l’une à Reims, l’autre à Épernay, car chaque localité se différenciait par ses salaires et avantages sociaux. Celle d’Épernay était présidée par Robert-Jean de Vogüé, Président de la Maison Moët & Chandon qui a obtenu la médaille d’or de l’exposition universelle de 1900 en y présentant l’ensemble de ses activités sociales : service médical gratuit, aides financières aux malades, aides aux familles, logements, prêts sociaux, jardins, assistance juridique, retraite...

Les troubles sociaux de 1936 qui ébranlèrent la plupart des secteurs industriels français furent épargnés aux vins de Champagne grâce au dialogue constructif entre les employeurs et les représentants des salariés. Ceux-ci sont convenus du premier "contrat collectif" définissant le statut social des salariés travaillant dans les Maisons de Champagne. C’étaient les prémices d’une "Convention collective" dont l’usage ne se développera dans les autres secteurs d’activité que dans les années 1950 et qui constituent encore de nos jours le socle du dialogue social en France.

La triste période 1940-1945 eut pour effet de renforcer les liens établis entre employeurs et représentants des salariés au sein de la Tripartite du champagne. Certains syndicalistes firent ainsi courageusement front à l’occupant nazi en novembre 1943 en appelant les salariés du champagne (par un tract resté dans les mémoires) à une grève visant à défendre le Président de la Maison Moët & Chandon, Robert-Jean de Vogüé, qui avait été arrêté. Il sera déporté en novembre 1943. Parmi les leaders historiques des salariés du Champagne, figurent Gaston Martin et Maurice Leflond qui furent à l’origine du dialogue social fructueux avec les employeurs du Champagne depuis 1936.

Après guerre, la Commission Tripartite améliorera régulièrement le statut social des salariés du Champagne pour atteindre progressivement un niveau très avantageux tant en rémunérations (salaires et primes : fin d’année, vacances, etc.) qu’en avantages sociaux (retraite, garanties en cas de maladie, hospitalisation, arrêt de travail, décès etc.).

En mai 1981, les avantages particuliers dont bénéficiait chaque catégorie de salariés par application de 4 textes différents en vigueur pour les Ouvriers des Vignes, leurs Agents d’Encadrement, les Ouvriers des caves, et les Maitrise-Employés- Cadres de bureaux, ont pu être unifiés dans un texte unique intitulé "Statut Social des Salariés du Champagne". Il est utilement venu remplacer et harmoniser tous les textes antérieurs à la satisfaction générale des salariés et plus encore des services chargés de les appliquer dans les Maisons.

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Cuviste

Dès 1986 cette Convention Collective Champagne CCC a été rendue obligatoire dans toutes les entreprises d’élaboration de Champagne (adhérentes ou non de l’Union des Maisons de Champagne) par le décret des Ministères de l’agriculture et des affaires sociales du 6 juin. De nombreux avantages sociaux ont été négociés et ajoutés telle l’anticipation possible de la retraite pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes qui fut accordée en champagne avec 15 ans d’anticipation sur les dispositions légales de 2003. Des extensions de la prévoyance sociale ont été également convenues conjointement à des revalorisations des salaires minimum.

En fin de siècle dernier, les employeurs ont été amenés à s’adapter aux nouvelles attitudes de leurs partenaires, en mandatant pour les représenter aux négociations de la Tripartite, un spécialiste reconnu pour ses compétences en matière de dialogue social, sans être Président ou Dirigeant d’une Maison de champagne. Ce nouvel usage permit de

  • maintenir la cohésion entre toutes les Maisons en sauvegardant pour leurs salariés des avantages particulièrement généreux de la Tripartite.
  • parvenir à conclure de nouveaux accords (tel en 1999 celui des 35 heures de travail effectif sans baisse de rémunérations).

En ce début de 21ème siècle, la concertation entre employeurs et salariés s’est généralisée. Chaque Maison entretient des relations directes avec les représentants de ses salariés dans l’entreprise, avec le souci d’une relation personnelle avec chaque salarié permettant son épanouissement dans son travail et sa promotion sociale par la formation professionnelle.

La concertation Tripartite entre employeurs et syndicats de salariés se perpétue pour actualiser le statut social minimum obligatoire dans toutes les entreprises dont l’activité principale est d’élaborer et/ou de commercialiser du Champagne. La Tripartite se réunit au moins une fois par an pour négocier le niveau des barèmes de salaires et des avantages sociaux dont bénéficient, à titre de minimum obligatoire, tous les salariés concernés (sans préjudice d’un statut plus avantageux éventuellement convenu par un dialogue interne aux Maisons).

Les salariés qui travaillent dans une entreprise dont l’activité principale reste agricole (propriétaires récoltants) ne sont pas concernés par ce statut car ils bénéficient de la convention collective des exploitations viticoles de la Champagne délimitée gérée par la Commission mixte viticole dont les représentants des employeurs sont désignés par le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne.

La Commission Tripartite du Champagne regroupe 3 délégations représentatives :

  • de tous les employeurs dont l’entreprise exerce, à titre principal, une activité de champagnisation et/ou de commercialisation de vins de Champagne (APE 15.9 F et G) dans l’aire d’AOC Champagne,
  • des 5 syndicats représentatifs des salariés du régime vinicole général SS,
  • des 5 syndicats représentatifs des salariés du régime viticole agricole MSA.

Se sont succédés à la Présidence de la Commission Tripartite du Champagne :

2005 Patrick MOLLIEN Laurent-PerrierMumm & Perrier-Jouët
1999 Claude FOURNIER
1998 Alain THIENOT Thiénot
1986 Michel KAIQUE Piper Heidsieck
1973 Paul BERGEOT Besserat de Bellefon
1966 François d’AULAN Piper Heidsieck
1956 Charles Christian HEIDSIECK Charles Heidsieck
1942 René CHAYOUX Ayala
1930-1940 Robert-Jean de VOGUË Moët & Chandon

Portfolio

  • Technicien Oenologue