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Parc de Champagne

Conçu en 1908, ouvert en 1910 et consacré en 1912, le parc Pommery a été entièrement réalisé par la Maison avec l’objectif de permettre au plus grand nombre d’accéder aux activité sportives. Le parc a été concédé à la Ville de Reims et rebaptisé parc de Champagne.

Conçu en 1908 sur le terrain d’atterrissage de Farman lors du 1er voyage en avion du Monde d’une ville à une autre, ce parc d’une superficie de vingt-deux hectares avait pour objectif la création d’un terrain de jeux et de sports en un lieu très bien situé et proche du centre-ville de Reims et donc facilement accessible par tous les citadins.


Intégralement financés par son propriétaire, la Maison POMMERY les travaux commencent en 1909 sous la direction de l’architecte-paysagiste rémois Edouard Redont. Le sol crayeux est débarrassé de ses pierres, creusé, nivelé, avant d’être complètement recouvert d’une couche de terre végétale que l’on fait venir des quatre coins de France.
Jardiniers, sylviculteurs, maçons, charpentiers et décorateurs font le reste. Deux ans plus tard, le Parc Pommery, prêt à l’emploi, comprend :

  • des pistes de courses et de sauts ;
  • des emplacements pour les lancers (disque, poids) ;
  • des emplacements pour le jeu de boules, le croquet, le jeu de paume ;
  • une salle d’escrime ;
  • cinq courts de tennis ;
  • un terrain de hockey ;
  • un terrain de football ;
  • enfin, un emplacement est réservé pour la construction d’un vélodrome.

Ce parc de sport arboré, fruit d’une initiative et d’un financement privés, est alors sans équivalent en France. Il est parsemé de statues figurant les antiques " Dieux du Stade ", référence explicite à l’Olympisme antique.

Ouvert en 1910 aux groupements scolaires de Reims et au personnel de la Maison Pommery, il connaît très vite un immense succès. Des rencontres-exhibitions sont organisées afin de faire découvrir au plus grand nombre les joies du sport, des moniteurs expérimentés sont mis à la disposition des amateurs.

Le 23 juillet 1912, 23000 spectateurs acclament à Reims vingt-sept athlètes de retour des Jeux olympiques de Stockholm. Toute la presse est là, qui parle abondamment de ces « Jeux olympiques de Reims », la première grande manifestation sportive organisée à Reims dans le parc Pommery, dont c’est l’inauguration officielle. Son promoteur, le marquis Melchior de Polignac, grand ami personnel de Pierre de Coubertin, est considéré à l’époque comme « le premier grand mécène sportif de France ».

Sportif accompli, le propriétaire de la Maison Pommery vient de réaliser un vieux rêve. Les travaux ont commencé quelques années plus tôt sur un vaste terrain désertique et caillouteux de 22 hectares situé à la sortie de Reims vers Châlons-en-Champagne. Les plans ont été élaborés par un architecte paysagiste de génie, le Rémois Édouard Redont, qui a su donner à cet ensemble sportif le charme d’un jardin d’agrément, et en a fait un chef-d’œuvre de l’art paysagiste. Sa réalisation a nécessité le déplacement de 492.000 m3 de craie et l’apport de 278.000 m3 de terre végétale. À l’origine, le parc était destiné au personnel de la Maison de champagne Pommery, mais il devint vite le premier grand parc sportif de France et sera longtemps considéré comme le plus beau.

La méthode Hébert
Un an après cette grande manifestation sportive du 23 juillet 1912, la Maison Pommery réalise un autre projet en ouvrant dans le parc le Collège d’athlètes, dirigé par le lieutenant de vaisseau Georges Hébert, qui va y enseigner sa célèbre « méthode naturelle » connue sous le nom d’hébertisme. Il s’agit d’une méthode simple, à la base de laquelle se trouvent la marche, la course, le saut, le grimper, le lever, la natation et les exercices de défense naturelle. Le parc Pommery offre déjà toutes les installations nécessaires pour la bonne marche de ce collège, qui suscite cependant quelques polémiques, certains intellectuels étant choqués par l’accouplement du mot collège au mot athlètes, d’autres qualifiant ce collège de « boutique à muscles », de « boîte à bachot pour candidats aux Jeux olympiques ».

Mais la nouvelle méthode séduit beaucoup de jeunes qui sont rebutés par les systèmes fastidieux d’éducation physique pratiqués dans les écoles. Cette fois encore le Champagne affronte les idées préconcues, prouve son ouverture d’esprit et expérimente des voies nouvelles qui se révéleront très favorables à l’épanouissement des hommes et femmes qui s’y aventurent. En six mois, une piste ovale, un gymnase couvert de 40 mètres sur 20 et une piscine en plein air sont construits, accompagnés de salles de boxe et d’escrime. Le renouveau de l’athlétisme national est là.

Pour comprendre cet engouement soudain, il faut savoir qu’au début du XXe siècle le sport est encore considéré comme une activité mineure, tout juste bonne pour quelques brutes « dépourvues d’intelligence et assez mal élevées pour s’exhiber à moitié nues en public ». C’est pourquoi l’idée de créer un parc spécialement conçu pour la pratique de jeux de plein air était une idée révolutionnaire. Il a fallu tout l’enthousiasme de la Maison Pommery pour se lancer dans cette aventure et la réaliser en quelques années, en dépit des critiques, qui ne manquaient pas.

La récompense arrivera en 1913, lorsque le Président de la République, Raymond Poincaré, qui vient d’inaugurer à Reims les nouvelles salles du musée et l’hôtel de la Mutualité (offert par la Maison Roederer), décide de visiter le Collège d’athlètes. Surprise générale ! Jamais un président de la République ne s’est « aventuré », selon l’expression d’un journaliste, dans une manifestation sportive. Le maire de Reims lui-même, le bon docteur Langlet, s’est montré très réticent avant de conduire Raymond Poincaré au parc Pommery car les activités sportives n’étaient pas encore reconnues, indispensables à l’épanouissement individuel.

Mais le Président Poincaré trouve « vraiment beau, très beau » le spectacle sportif qui lui est présenté. Il assiste à une leçon de gymnastique, puis de natation, s’amuse en considérant la course à quatre pattes, et admire « le modelé des muscles et la souplesse des corps ». Sa satisfaction est considérée par la presse comme la consécration officielle de l’éducation physique en France. Ce que le journal L’Opinion commentera en ces termes : « Il est bien flatteur d’assister à une journée historique... Nous sommes ravis que la consécration officielle de l’éducation physique ait lieu à Reims, cité traditionnelle des sacres ».

A Reims, la méthode Hébert va révolutionner l’enseignement de l’éducation physique dans les établissements scolaires. Georges Hébert se rend lui-même deux fois par semaine au lycée de jeunes filles. Habituées à une gymnastique morose faite d’une suite fastidieuse de mouvements de bras et de jambes — un, deux, trois, levez les bras, baissez les bras... —, les lycéennes découvrent avec émerveillement cette méthode qui leur permet de courir dans les jardins du lycée, de grimper à la corde, de jouer à saute-mouton. Dès lors, l’heure de gymnastique devient l’une des plus agréables dans le programme des études secondaires.
Malheureusement, les jours du Collège sont comptés. En 1914, le jour de la mobilisation générale, ses athlètes se dispersent.
Beaucoup ne reviendront pas et le parc Pommery, situé sur le front, ne sera plus en 1918 qu’un amas de ruines. Cependant, par la suite, il sera restauré et connaîtra encore de belles manifetations sportives et de grandes fêtes. C’est notamment sur ses terrains que s’entraînera, à son époque glorieuse, la fameuse équipe du Stade de Reims.
Restauré en 1922, le Parc Pommery redevient un espace sportif où l’équipe du Stade de Reims, à son apogée, vient s’entraîner.
Mis à la disposition de la ville de Reims par son généreux propriétaire (LVMH), le Parc de Champagne sera réaménagé en 2004 pour devenir un site privilégié d’animations bucoliques diverses.

Portfolio

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