UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

Accueil > Maisons > Patrimoine > Reims et ses alentours > Statue du "Beau Dieu"

Statue du "Beau Dieu"

La statue du Beau Dieu qui orne l’extérieur du transept Nord de la cathédrale Notre-Dame de Reims a retrouvé toute sa majesté grâce au mécénat de la Maison Taittinger.

Fascination pour une statue d’exception
L’attachement du Président Claude Taittinger à la Cathédrale s’est illustré à maintes reprises, en particulier lors d’un documentaire historique d’ARTE consacré à l’édifice. A cette occasion l’éventuelle restauration de la statue du Beau Dieu fut portée à sa connaissance, projet qui,d’emblée, l’a séduit.


" Pourquoi Dieu ne serait-il pas beau ? Pourquoi ne serait-il pas jeune ? ", interroge Claude Taittinger. En historien averti, le Président se plaît à évoquer les différentes représentations du Tout-Puissant au cours de l’Histoire. Hésitant à incarner Dieu, la religion chrétienne s’est longtemps réfugiée derrière des symboles : main sortant d’un nuage, souverain pontife ou empereur tenant un globe terrestre ou encore noble vieillard. Aussi la statue du Beau Dieu revêt-elle un caractère exceptionnel. Pièce maîtresse de l’un des portails de la façade nord, le Beau Dieu est bien l’œuvre d’artistes originaux et quelque peu " rebelles ". Faisant fi des canons de l’époque, ils ont osé prêter à Dieu des traits jeunes et harmonieux ! De surcroît, c’est une pièce rare. " Il en existe très peu en France, deux à trois, dont une à Reims et une à Amiens ", souligne Claude Taittinger.

Une liberté de composition magnifiée
Malheureusement, le Beau Dieu n’a pas résisté aux bombardements de la Première guerre mondiale. Si la draperie est maculée d’éclats d’obus, la tête du Beau Dieu a littéralement été emportée. Quelques fragments furent toutefois recueillis et, très bien conservés, ont aidé à la restauration. Les travaux supervisés par l’historien Decrocq ont été assurés par le sculpteur Leandro Berra qui s’est appuyé sur d’anciennes photographies de la statue.

Avec un Beau Dieu décapité, la scène du Jugement Dernier avait perdu de son pouvoir évocateur. La liberté d’esprit et de composition des artistes de l’époque s’en trouvait affaiblie. Dorénavant, c’est avec superbe que le Beau Dieu entouré des apôtres inspire tout à la fois intérêt et respect de la part des badauds comme de son discret mécène Claude Taittinger. (Florianne Prévot Juillet 2004)