UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

Cathédrale Notre Dame de Reims

Horloge de Chœur

L’horloge de chœur rythme le temps, elle appelait jadis les chanoines aux offices, (matines - laudes et prime - tierce et messe - sexte - none - vêpres - complies). Peu avant l’office, les chanoines se réunissaient dans la salle "Pretiosa". A la sonnerie de l’heure, ils se rendaient en procession dans le chœur après avoir traversé le couloir et franchi la porte romane, ils saluaient l’autel avant de se rendre à leur place.


Depuis le XIVe siècle, il existait une horloge de chœur à la cathédrale. Le buffet actuel est du XVe siècle, il mesure 11.33 mètres de haut sur 3.33 mètres de large. En 1645, le Chapitre rachète pour 1 000 livres, une horloge aux chartreux de Mont Dieu dans les Ardennes. En 1668, Jean Leblanc, horloger rémois, met en place un nouveau mécanisme à trois mouvements.

En 1775, un marché est passé avec le Sieur Homs, horloger rémois, pour exécuter les réparations nécessaires pour la somme de 500 livres et 24 de gratification. La description nous explique que, en plus des personnages tournants, il existe un petit carillon de 10 cloches qui précédait la sonnerie des heures. En 1873, Monsieur Vérité, de Beauvais, après examen et accord de Monseigneur Landriot, change tout le mécanisme qui fut alors synchronisé par un système d’électro-aimant avec le carillon extérieur. Le conseil de fabrique paie 10 000 francs.

Pendant la guerre 1914-1918, l’horloge de chœur est démontée et expédiée vers l’intérieur, puis rapatriée quelques mois après l’armistice. En 1938, Monsieur Cardinal, menuisier rémois, répare la cage avec l’aide d’un sculpteur Monsieur Féry. C’est la maison Hungerer de Strasbourg qui, à cause du mauvais état du mécanisme, en créa un nouveau qui fut mis en marche le 17 janvier 1939. En 1988, les professionnels du champagne subventionnent la restauration du carillon et de l’horloge de chœur, celle-ci est arrêtée depuis plus de vingt ans. Le 5 décembre 1988, à midi, l’horloge repart devant toutes les autorités rassemblées, puis le carillon est remis en route.

Texte de l’abbé Goy


Au niveau du passage champenois, Atlas soutient l’ensemble de la structure. Deux personnages encadrent le cadran, un homme et une femme portant le blason du Chapitre (croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lys sur fond d’azur) et, au-dessus du cadran, une femme avec un lys et une autre femme tenant Jésus enfant sur son genoux.

Aux pieds des deux femmes, deux groupes de sujets, défilent chaque heure

-  les rois mages conduits par un ange
-  Marie et Joseph fuyant en Egypte, précédés par un ange et poursuivis par deux sbires d’Hérode (dans une tenue anachronique).
Dans l’ogive, une cloche frappée chaque heure par deux jacquemarts, alors que l’ange du sommet agite la tête (jadis, l’ange précédait la sonnerie de trois coups de trompette).

Le mécanisme principal commande l’ensemble de toutes les fonctions de l’horloge

-  il actionne l’aiguille des heures et des minutes,
-  il déclenche le carillon, la cloche frappée par deux jacquemarts animés, l’éclairage de l’horloge ainsi que la rotation des deux groupes de sujets et le hochement de la tête de l’ange,
-  il agit sur le mouvement de la lune, au centre de l’horloge,
-  il assure le remontage automatique.

Les poids reliés par câbles au mécanisme sont situés en haut de l’horloge. Ils sont remontés électriquement toutes les 12 heures, par 3 moteurs, assurant ainsi le mouvement de l’ensemble qui est rythmé par un balancier lui-même contrôlé par un échappement. Le globe, au centre de l’horloge, indique les différentes phases de la lune, il pivote en 29 jours 12 heures et 44 minutes.