UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

Champagne, la star du 7e art

Le bon, la brute et le champagne

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Sur la piste de la grande caravane (1965) réalisé par John Sturges
© Photo 12 / The Mirisch Corporation

« En 1904, le sud du Texas était encore un pays rude où tous les coups étaient permis, parsemé de vastes pâturages et de petits villages qui peu à peu s’agrandissaient et s’étalaient sur ce grand territoire. Les saloons faisaient de bonnes affaires et les bagarres entre cowboys et conducteurs de train (seul moyen de transport de l’approvisionnement) étaient fréquentes et parfois mortelles. Pour la première fois je vis un homme se faire tuer alors que j’entrai à Del Rio chercher du ravitaillement. C’était le mécanicien d’une petite locomotive. J’avais attaché mon chariot à quelques pas d’un saloon d’où je vis surgir un type suivi d’un homme qui l’apostrophait. Quand il se retourna, l’autre sortit son fusil et l’abattit ».

Voici ce que raconte Raoul Walsh, l’un des grands réalisateurs de westerns qui a débuté sa carrière en filmant Pancho Villa durant la révolution mexicaine.

L’univers du champagne semble loin… Et pourtant, le roi des vins est souvent présent dans les westerns. D’ailleurs, Buffalo Bill en raffolait et en serait même devenu un fin connaisseur.

Le premier western date de 1903 : il s’agit de Le Vol du grand rapide d’Edwin Stanton Porter et Wallace McCutcheon. L’âge d’or du genre se situe entre les années 1930 et la fin des années 1950. Aucun des grands acteurs de l’époque n’échappera à l’exercice : Gary Cooper, John Wayne, Henry Fonda, Kirk Douglas…

On boit du champagne dans les saloons dès 1939 dans Femme ou Démon de Georges Marshall avec Marlène Dietrich et James Stewart. En 1946, Henry Fonda, qui interprète un Wyatt Earp assez sauvage, s’en fait offrir une coupe par Victor Mature, dans le rôle d’un Doc Hollyday des plus sophistiqués, dans un des chefs-d’œuvre du genre : La poursuite infernale de John Ford.

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Marlène Dietrich et James Stewart dans Femme ou Démon (1939) réalisé par Georges Marshall
© United Archives GmbH / Alamy Stock Photo

Ce dialogue entre rusticité et raffinement, entre virilité et féminité, rythme les apparitions du champagne dans l’Ouest cinématographique.

Ainsi, dans Les conquérants de Carson City (1952) d’André de Toth, des bandits dévalisent des diligences… avec élégance. Ils offrent aux passagers un pique-nique arrosé d’un champagne Veuve Clicquot. Dans L’Homme qui n’a pas d’étoile (1955) de King Vidor, le champagne est un révélateur de personnalités. Bien qu’étant un cowboy aux manières grossières, Kirk Douglas se révèle finalement plus distingué que Jeanne Crain, impitoyable propriétaire terrienne, dont la sophistication toute féminine n’est qu’apparente. Enfin, dans Le Grand Sam (1960) d’Henry Hattaway, John Wayne, interprétant un chercheur d’or dans l’Alaska, partage une flûte de champagne avec une femme française dont il s’éprend. « Une boisson digne de toi » lui dit-il en lui tendant une coupe.

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Images extraites du film Les conquérants de Carson City (1952) réalisé par André de Toth (captures d’écran)
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John Wayne dans Le Grand Sam (1960) réalisé par Henry Hattaway
© 20 Century Fox / AF Archive / Alamy Stock Photo

Les westerns contemporains n’échappent pas à la règle. Dans Mort ou vif (1995) de Sam Raimi, Gene Hackman offre du Moët & Chandon à Sharon Stone. Dans Bandidas (2006), de Joachim Rønning et Espen Sandberg, avec Salma Hayek et Penelope Cruz, le champagne est également présent.

Enfin, dans la très récente adaptation de L’Appel de la forêt (2020), écrit par Jack London en 1903 et porté sur grand écran par Chris Sanders, qui n’est pas à proprement parler un western mais qui se déroule à la même époque et dans les même contrées, le champagne est livré dans des traîneaux par caisses entières de Moët & Chandon.

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