UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

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Chronologie des évènements

Œuvre d’Eric Glâtre de 2001
(actualisation UMC)

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1912

Le député socialiste Adéotat Compère-Morel entreprend la publication de son Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale socialiste, en douze volumes.

Histoire de France
République

1912

La création de l’Association syndicale des négociants en vins de Champagne par de petits négociants qui quittent le Syndicat de Grandes Marques est le reflet d’une divergence de position concernant l’intégration ou non de l’Aube dans l’aire d’appellation délimitée.

La Fédération des Syndicats viticoles de la Champagne regroupe 109 syndicats locaux.

Jules Boizel acquiert la petite et renommée maison de négoce en vins de Champagne Kremer, à Pierry.

Auguste et Pierre Philipponnat se portent acquéreurs des bâtiments d’exploitation et des caves historiques (XVIllème siècle) de la maison Albert Vallet, à Mareuil-sur-Aÿ, destinés à abriter dès l’année suivante les activités de la maison Philipponnat.

Dans ses mémoires intitulées En habillant l’époque, le célèbre couturier Paul Poiret se souvient d’une « fête Louis XIV » donnée à Versailles : « J’avais trois cents invités. Ils burent dans la nuit 900 bouteilles de Champagne. […] Isadora Duncan [...] m’attirait à elle en réclamant du champagne et des baisers. »

Bien que rien ne permette de le vérifier formellement, il a souvent été dit que Paul Poiret s’est inspiré de la couleur du rosé Veuve Clicquot-Ponsardin pour certaines de ses robes.

Histoire de France
République

1911 - 1955

André Gosset succède à Auguste Gosset son père, à la tête de la maison Gosset, suppléé par son épouse née Suzanne Paillard pendant les quatre années de la Ière Guerre mondiale passées au front.

Histoire des Vins de Champagne
République

16 décembre 1911

Lors du centenaire de la maison Galliceet Cie, successeurs de Perrier-Jouët et Cie, Henri Gallice se voit offrir par le personnel de sa maison la magnifique sculpture de Rodin intitulée « le Baiser ».

Histoire de France
République

4 novembre 1911

Après trois mois de négociations, dénouement de la crise franco-allemande consécutive au « Coup d’Agadir ». La France cède le bassin de la Sangha au Congo en échange du « bec de canard » camerounais, accepte de ne pas user de son droit de préemption sur le Congo belge sans consulter l’Allemagne et reçoit l’accord de cette dernière pour l’établissement d’un protectorat au Maroc.

Histoire de la Champagne
République

7 au 15 août 1911

Parmi les 150 personnes arrêtées pendant les troubles de la Révolte des vignerons, 46 prévenus sont jugés par le Tribunal correctionnel de Douai, qui prononce 7 condamnations.

Histoire des Vins de Champagne
République

1er juillet 1911

La canonnière allemande Panther entre dans le port d’Agadir, sous prétexte de « protéger ses ressortissants » et de « défendre ses intérêts commerciaux ».

Histoire de France
République

27 juin 1911 - 11 janvier 1912

Ministère de Joseph Caillaux.

Histoire des Vins de Champagne
République

7 juin 1911

Par décret, le département de l’Aube bénéficie d’une appellation particulière, « Basse Champagne ou Champagne 2ème zone », qui s’applique aux arrondissements de Bar-sur- Aube et de Bar-sur- Seine, et aux cantons de Chavanges et de Villenauxe-la-Grande, mais aussi dans la Haute-Marne à l’arrondissement de Wassy, dans la Seine-et-Marne, aux communes de Nanteuil et Citry, et dans la Marne, à l’arrondissement de Sainte-Menehould et aux communes de l’arrondissement de Vitry-le-François non comprises dans la région délimitée par le décret du 17 décembre 1908.

Le texte prévoit que l’appellation « Champagne 2ème zone » est réservée aux vins récoltés dans la « Champagne 2ème zone » et entièrement manipulés dans cette région ou celle de la «  Champa gne », ainsi qu’aux vins obtenus en mélange de vins des régions « Champagne » et «  Champagne 2ème zone » ; les mots « Champagne 2ème zone » doivent être inscrits en toutes lettres après le mot « Champagne » et enfin les vins en provenance de cette région ne peuvent être introduits dans les magasins spéciaux prévus par la loi du 10 février 1911.

Si les producteurs de la Marne se montrent satisfaits, en ce sens qu’ils conservent les privilèges que leur réserve la loi du 10 février 1911 ; ceux de l’Aube se plaignent d’être traités en quelque sorte de parents pauves qu’on tient à l’écart ; ils sont touchés, surtout, de voir encore leurs vins exclus des chais des négociants ne faisant que du champagne.

A peine vient-on de terminer ces délimitations administratives que, devant les protestations soulevées par les décisions prises non seulement en Champagne mais aussi dans d’autres régions viticoles, la Chambre des Députés et le gouvernement songent à en modifier les bases.

Un projet de loi est déposé dès le 30 juin 1911, mais il ne vient en discussion qu’en 1913. Voté par la Chambre des Députés, il est devant le Sénat lorsque la guerre éclate, et la discussion ne devait en être reprise qu’en février 1919.

Histoire de France
République

15 avril 1911

La révolte est matée, et pour être sûr qu’elle ne reprenne pas, le vignoble est occupé jusqu’aux vendanges par 40.000 hommes de troupe (31 escadrons de cavalerie et 26 compagnies d’infanterie logés chez l’habitant), répartis en sept secteurs militaires d’occupation placés sous les ordres d’un colonel, dépendant de l’autorité d’un général.

Histoire de France
République

13 - 14 avril 1911

Des barricades à Venteuil, quelques destructions autour d’Épernay et à Trépail, une alerte à Vertus constituent les derniers soubresauts de l’agitation.

Histoire des Vins de Champagne
République

12 avril 1911

Au petit jour, les troupes se mettent en place, rien moins cette fois qu’une brigade de cavalerie, trois compagnies et deux sections d’infanterie, sous le commandement du général Abonneau.

« Face à 5 à 6.000 vignerons venus de 51 communes viticoles, Aÿ est tenu par quatre escadrons du 15ème régiment de chasseurs à cheval et du 31ème régiment de dragons, soit environ 600 cavaliers. Vers 13 heures, se heurtant à des barrages de troupe, une colonne de 2.000 émeutiers se dirige vers la seule issue qui lui reste pour pénétrer dans Aÿ, le boulevard du Nord, qui longe le coteau et où se trouvent plusieurs Maisons de champagne importantes. Les assaillants sont résolus ; parmi eux, on compte beaucoup de femmes, encore plus acharnées que les hommes, et aussi des éléments douteux étrangers au vignoble. Ils sont bientôt maîtres d’une partie du boulevard et saccagent plusieurs établissements. Toujours à cheval, bombardés de projectiles divers depuis le haut des murs de soutènement, les militaires sont impuissants contre le déferlement de la violence. Au lieu de renforcer la troupe, on en réduit encore les effectifs en envoyant un escadron à Mareuil- sur-Aÿ, pourtant relativement calme, à la demande de M. de Montebello, député-maire. Débordés de toutes parts, observant les ordres qui sont de ne pas tirer, les cavaliers doivent mettre sabre au clair pour se dégager, laissant le champ libre aux émeutiers qui incendient les maisons Deutz et Geldermann, Ayala et Cie et Bissinger qui pourtant ne font partie en aucune manière du négoce fraudeur ».

Le Réveil de la Marne écrit : « Il ne reste plus que des murs calcinés et noircis ; des chais, des magasins, on ne voit plus que la carcasse et quelques poutres de fer tordues. A l’intérieur de ces magasins, des morceaux de verre brisé, d’étiquettes, de caisses à demi consumées, des tonneaux défoncés, démontrent l’acharnement des incendiaires et des pillards ».

Ce même jour, « un autre groupe d’émeutiers se dirigent sur Épernay en chantant la Champenoise, dont l’air est celui de l’Internationale. Ce sont des vignerons de Moussy et des communes environnantes, moins nombreux que ceux d’Aÿ, mais aussi excités. Au passage, ils ont saccagé à Pierry l’établissement d’un négociant. En arrivant à Épernay, au début de l’après-midi, ils font de même chez un transporteur et chez un fraudeur notoire. Le préfet de la Marne, qui est sur place, tient avant tout à protéger Épernay, ce qui a d’ailleurs privé les cavaliers d’Aÿ de renforts qui leur auraient été bien nécessaire. Il dispose donc de forces militaires importantes, six escadrons de cavaleries (des 15ème et 5ème régiments de chas seurs à cheval et du 31ème régiment de dragons), trois compagnies et deux sections d’infanterie (du 106ème régiment d’infanterie), le tout sous le commandement du général Abonneau. La foule des vignerons a gagné le centre d’Épernay lorsque la troupe reçoit l’ordre de les disperser. Dragons et chasseurs, appuyés par les fantassins, dégagent les places et les rues. A 17 heures 30, l’armée est maîtresse de la situation, sans que l’on ait eu à déplorer des incidents aussi graves qu’à Aÿ. »

Dramatiques pour la maison Deutz et Geldermann, les émeutes du jour détruisent totalement les bâtiments du boulevard du Nord, une bonne moitié du stock des vins et une partie des vignes situées derrière Aÿ.

Heureusement pour la pérennité de l’entreprise, René Lallier a eu la bonne idée de contracter une assurance contre le risque d’émeutes, laquelle va rembourser les dégâts dans les délais les plus brefs.

Histoire des Vins de Champagne
République

11 avril 1911

Télégraphiée de Paris, éclate une nouvelle qui va mettre le feu aux poudres. Il s’agit d’une motion du Sénat, votée le jour même, exprimant sa confiance au gouvernement « pour déposer le plus tôt possible un projet de loi assurant la répression de la fraude sans maintenir les délimitations territoriales qui sèment la division entre les Français ».

Immédiatement, les producteurs marnais passent à l’action. Dans la nuit, on saccage les celliers et immeubles de plusieurs négociants fraudeurs, ou supposés tels, à Damery, Dizy et Aÿ.




A qui profitera la jacquerie Champenoise ?
Au fraudeur Allemand

Extrait de Presse
"Le petit Jounal" Avril 1911

Histoire des Vins de Champagne
République

10 mars 1911

La France se met à l’heure du méridien de Greenwich.

Histoire des Vins de Champagne
République

2 mars - 23 juin 1911

Ministère d’Ernest Monis.

Histoire des Vins de Champagne
République

10 février 1911

Le gouvernement adopte enfin des mesures complémentaires en votant la loi du 10 février 1911 qui impose l’obligation d’apposer le mot « Champagne » sur les étiquettes, bouchons et embal lages, et la mention « Vin déclaré originaire de la Champagne viticole » sur les titres de circulation relatifs à toute vendange ou à tout vin qui en est issu.

La loi stipule que pour bénéficier de la dénomination « Champagne », les vins mousseux devront être produits exclusivement avec des raisins et des vins provenant de la zone délimitée. Ils devront en outre y avoir été entièrement manipulés et être entreposés dans des « magasins séparés » de tout autre local contenant des vendanges ou des vins étrangers à la région.

Mais ces mesures ne doivent être applicables que dans un délai de trois mois...

Histoire de France
République

Mi-février - mi avril 1911

Révolte des vignerons dans la Marne et l’Aube.

De telles dispositions mécontentent les producteurs aubois qu’elles privent de toute possibilité de vendre leurs récoltes aux négociants de la Champagne délimitée. Ils vont donc tout faire pour en empêcher l’application, aidés par leurs parlementaires et des négociants fraudeurs qui ont constitué un Syndicat de défense des négociants en vins de Champagne et autres, «  en cercles » et en bouteilles et fondé un journal virulent, la Champagne commerciale, qui s’en prend à la délimitation et attaque le grand négoce.

Le vignoble de l’Aube s’agite sous l’impulsion de Gaston Chercq, fondateur de la Ligue de défense des vignerons de l’Aube.

On fait la grève de l’impôt, on manifeste, les conseils municipaux démissionnent (dans le département, 125 communes sont bientôt sans municipalité, dont la ville de Troyes).

Ayant appris le 15 mars que le président du Conseil avait déclaré que « la délimitation est faite et bien faite », les vignerons aubois défilent le 19 à Bar-sur-Aube et Polisot derrière le drapeau rouge et chantent l’Hymne des vignerons champenois de l’Aube. A la fin de la manifestation de Bar-sur- Aube, on brûle les feuilles d’impôts dans des hottes de vendange, ainsi que les effigies du président du Conseil et de Léon Bourgeois, sénateur de la Marne.

Le 27 mars, encore à Bar-sur-Aube, pavoisée de drapeaux rouges par les vignerons, mairie comprise, une manifestation houleuse oblige le sous-préfet à faire appel à la troupe, qui n’a cependant pas à intervenir.

Le 9 avril, une manifestation de grande envergure a lieu à Troyes, où 5 à 7.000 vignerons, venus par trains spéciaux de tous les coins de l’Aube, sont rejoints par les « Bataillons de fer » formés par quelques centaines de leurs collègues venus à pied de Bar-sur-Seine et de Bar-sur-Aube. La devise de ces irréductibles est : « Vaincre ou mourir ». Parmi eux, se trouvent des hommes de tous âges, parfois septuagénaires, et même quelques femmes. « Les vignerons portent leur fousseux (binette) redressé en fer de lance, leur musette et leur baril. On a distribué à chacun un macaron rose avec ces mots : « Champenois nous fûmes, Champenois nous resterons, et ce sera comme ça ! »

Le défilé de Troyes est grandiose, les organisations ouvrières locales y participant ; toute la population de la ville est dehors par cette belle journée du dimanche des Rameaux. La manifestation se déroule dans l’euphorie, car on a appris que, trois jours plus tôt, la Commission de l’Agriculture de la Chambre des Députés a votée une motion en vue de l’intégration des vignobles de l’Aube dans la Champagne viticole. On a seulement à déplorer en fin de journée quelques incidents sans réellle gravité, la foule ayant cru à tort que Gaston Checq avait été arrêté.

Inquiets de cette remise en cause de résultats si péniblement acquis, excédés, les producteurs marnais se préparent à agir.

Une affiche, où on peut lire : « Vignerons de la Marne, l’heure est grave ! Les intérêts de notre beau vignoble vont être impitoyablement sacrifiés. Avant de périr, nous saurons faire notre devoir. Nous connaissons ceux qui sont les causes de tout le mal. Contre ces misérables fraudeurs, soyons tous debout ! » est placardée nuitamment et anonymement à Cumières.

Histoire de France
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29 janvier 1911

Création de la Fédération des vignerons de l’Aube, à Bar-sur-Aube, lors d’une importante manifestation regroupant 1.500 vignerons, avec comme président Paul Caillot.

Histoire des Vins de Champagne
République

20 janvier 1911

Le préfet de la Marne harangue 2.000 vignerons à Venteuil et leur demande de cesser leurs déprédations, s’engageant en échange à obtenir l’arrêt des transports de vins étrangers.

Pendant quinze jours, les négociations continuent sur ce thème, sans incidents, entre l’autorité préfectorale, les négociants et les vignerons.

Histoire des Vins de Champagne
République

17 - 18 et 19 janvier 1911

A Damery, le chargement d’un camion plein de vin étranger est en totalité jeté dans la Marne et les caves et celliers d’un négociant fraudeur sont mis à sac par 2 à 3.000 vignerons en colère, tandis que le drapeau rouge flotte sur la mairie.

Un incident analogue se produit le lendemain à Hautvillers et, le surlendemain, le vignoble de la Vallée de la Marne est en état de siège.

Le 31ème régiment de dragons, en garnison à Épernay, et des éléments de renfort de quatre autres régiments cantonnés à Reims et Châlons- sur-Marne, interdisent les accès d’Épernay, montent la garde à la gare et chez des négociants, et se répartissent entre Damery, Venteuil, Cumières, Aÿ et Hautvillers.

Ces événements marquent le début de quelque 4 mois d’uinsurrection et de 9 mois d’occupation militaire.

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