UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

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Chronologie des évènements

Œuvre d’Eric Glâtre de 2001
(actualisation UMC)

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1746

La maison Moët expédie à elle seule 50.000 bouteilles de vins de Champagne : un record.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1750

Dans sa Correspondance, Horace Walpole souligne combien la haute société anglaise aime le champagne au milieu du XVIIIe siècle.

Plus avant, il raconte comment Lord Granby rejoignit son parti, dans les étincelants Vauxhall Gardens de Londres, sous l’influence du vin de Champagne qu’il venait de boire à Jenny’s Whim, une célèbre taverne.

Fidèle cliente de la maison Moët, Mme de Pompadour exige que son vin lui soit livré directement à Compiègne, par 200 bouteilles, en mai, juste avant l’arrivée de la Cour.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1750 - 1760

Les expéditions de vins de Champagne de la maison Moët oscillent entre 19.000 et 69.000 bouteilles par an.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1760 - 1792

Claude-Louis-Nicolas Moët succède à son père à la tête de la maison Moët. Il y poursuit l’œuvre entreprise, fortifie les ventes de ses vins vers les marchés belge et allemand, les élargit vers l’Espagne, la Pologne et la Russie et prend l’initiative novatrice d’envoyer des échantillons un peu partout de l’autre côté de la Manche, ce qui prouve son esprit pratique, son ouverture commerciale et déjà un certain sens de la promotion.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

Début du XIXème siecle

Pour l’heure, la Champagne est avant tout un pays de vins rouges tranquilles, dont quelques grands crus ont conservé une bonne notoriété : Bouzy, Ambonnay, Verzenay, Verzy, Aï, etc.

D’après la Topographie de tous les vignobles connus d’André Jullien, « les vignobles du département de la Marne sont les seuls qui fournissent ce vin fameux ». Encore serait-il plus juste de dire que ce sont ceux situés dans la vallée de la Marne et sur la Côte de l’Île-de-France.

On commence par faire appel à des crus de la périphérie du département, dans les régions de Vitry-le-François et de Sézanne. Puis, on achète dans le reste de la Champagne, dans la Haute-Marne, dans l’Aisne et surtout dans l’Aube.

Dans beaucoup de vignobles de France, à l’époque, la vigne a le même aspect qu’aujourd’hui, caractérisé par des rangées régulières de ceps, palissés ou non. Mais cette « vigne en lignes » ne se trouve en Champagne qu’aux environs de Sézanne, dans l’arrondissement de Vitry-le-François et dans le Nord de celui de Reims.

Dans le reste de la province, la « vigne en foule » présente avec ses ceps en désordre une apparence très particulière, déroutante pour qui est accoutumé aux vignobles dont les lignes sont tirées au cordeau. En réalité, pour établir la vigne en foule, on plante en rangs réguliers espacés de 0,80 m à 1 m, puis on pratique ensuite deux opérations qui vont détruire petit à petit cette belle ordonnance : le « provignage » et l’ « assiselage ».

Lorsque provignage et assiselage ont été pratiqués pendant plusieurs années, le vignoble est partout en foule et porte jusqu’à 50.000 pieds à l’hectare.

Voici la physionomie la plus vraisemblable de l’ampélographie champenoise du XIXème siècle, telle qu’elle ressort des ouvrages des spécialistes de l’époque :

- en ce qui concerne les raisins blancs de qualité, on trouve des variétés du pinot blanc des grands crus de Bourgogne, l’ancien morillon blanc. Ce sont, dans la Marne, les « petit blanc », « blanc doré », « gros blanc », « épinette » (ou « épinette blanche ») et « beaunois » ; dans l’Aisne le « bon blanc » et le « bargeois » ; dans l’Aube l’ « arboisier » et le «  beaunois ».

Il existe localement, dans toute l’étendue de la Champagne, quelques autres bons cépages blancs, tels que dans la région de Venteuil le « petit meslier », dans la Marne, le « chasselas dur », connu aussi comme « chasselas blanc » ou « Bar-sur-Aube ». Dans l’Aube, ce dernier est parfois appelé à tort « muscat blanc » ; il voisine aves le « françois blanc » et surtout l’ « arbanne » ou « arbane », « raisin blanc donnant de jolis vins secs et mousseux » aux dires du Dr Jules Guyot. Ce cépage déjà présent au XVIème siècle dans l’Aube, existe aussi au XIXème siècle dans la région d’Épernay et dans l’Aisne sous le nom de « vert blanc ».

- pour les vins blancs de seconde qualité, on utilise principalement le « gros plant », les diverses variétés de « gouais blanc » ou « marmot », le « gamay » ou « gamet blanc », le «  plant verdilasse », le « Languedoc blanc » ; dans l’Aube le « peurion », encore appelé «  pleurichon », « milleron », « Troyen blanc ».

- dans le domaine des raisins noirs, le grand cépage est sans conteste le « pinot noir, l’ancien « morillon noir », appelé parfois « noirien » et, dans l’Aisne, « bon noir ». C’est lui qui forme le fond des « grands crus » de noirs. Analogue à celui de Bourgogne, le pinot noir est présent en Champagne en plusieurs variétés, que l’on peut pour la plupart d’entre elles faire entrer dans deux catégories, les «  plants dorés », donnant les meilleurs vins, et les plants gris ».

Dans le groupe des plants dorés figure le « petit plant doré », le plus renommé, appelé aussi « petit plant doré d’Aÿ », «  qui charge peu mais donne le vin le plus fin » et dont il existe près d’Épernay une variété appelée « demi-plant noir » ; on rencontre également, surtout dans la Montagne de Reims, le « rouge doré ». L’un et l’autre sont progressivement remplacés par d’autres variétés plus productives, mais toujours d’excellente qualité, le « gros plant doré noir d’Aÿ », puis le « vert doré ».

Au nombre des plants gris, il faut citer le « petit plant gris », qui donne des vins légers et parfumés, et le « gros plant gris », plus productif et moins fin ; il faut se garder de les confondre avec le pinot gris, dont il sera parlé plus loin.

Il existe localement des pinots noirs ne rentrant dans aucune des deux catégories précitées. C’est le cas du « plant d’Ecueil », du « plant de Trépail », et surtout du « plant de Vertus », qui s’est propagé dans la Montagne de Reims à la fin du siècle précédent. Les vignobles de l’Aube, pour leurs raisins noirs, sont toujours fidèles aux divers pinots de Bourgogne, dont les plus renommés s’appellent localement « pinot noir fin », « pineau rouge », et « pineau franc » ou « gamery ».

On ne trouve plus guère de « pinot gris vrai », le « fromenteau » des siècles passés, sauf dans l’Aube, où il s’appelle le « fromenté violet » ou « fromenté rose ». Alors qu’il se répand en Alsace sous l’appellation régionale « tokay », les négociants champenois s’en désintéressent, préférant pour leurs assemblages des raisins ou tout noirs ou tout blancs, et on peut regretter la quasi-disparition de cet excellent cépage qui avait tant fait pour le renom des vins de la Champagne.

- les raisins noirs utilisés pour les vins ordinaires proviennent de plants plus ou moins grossiers, dont la gamme est extrêmement large. On y trouve notamment le « teinturier », encore appelé « noiraut » ou «  Alicante », utilisé pour renforcer la couleur des vins rouges, l’ « enfumé noir », le «  chasselas rouge », connu aussi sous le nom de « muscat rouge », le « gouais noir », le « gamay » ou « gamet ». Dans l’Aube, on rencontre le « François noir », le « Troyen noir », le « bachet », le « beaunoir » et le «  samoreau ». Dans cette multitude, deux cépages noirs méritent cependant d’être traités à part car, tout en n’étant pas de premier ordre, ils donnent des raisins utilisés pour faire du vin de Champagne, ce sont le « meunier » et le « gouais ».

Le meunier est connu de longue date en Champagne, c’est l’ancien « morillon taconné ». il se propagera tout au long du XIXème siècle, en raison de sa rusticité et de sa bonne productivité, et ira jusqu’au supplanter les Pinots noirs dans certains bons crus de la Marne et à couvrir les trois quarts des vignobles de l’Aisne.

Le gouais, le blanc comme le noir, est merveilleusement robuste et prolifique, mais sa qualité est déplorable. Au début du siècle, André Jullien note dans sa Topographie de tous les vignobles connus qu’en Champagne «  les vignerons plantent du gouais blanc, qu’ils nomment marmot, et dont ils n’emploient ordinairement le fruit qu’à la fabrication des vins destinés à leur propre consommation : ceux surtout qui cultivent des cantons en réputation ne vendent jamais le produit de ces raisins, pour ne pas compromettre l’honneur de leur cru ». Il n’en est malheureusement plus ainsi dans la seconde partie du siècle. On se met à commercialiser le vin de gouais, qui fait même l’objet de transactions frauduleuses et risque donc de se retrouver dans les assmblages utilisés pour faire du vin mousseux de Champagne. L’invasion du phylloxera va donner un nouvel essor à son encépagement, car le vigneron pense qu’il sera plus résistant au dangereux insecte...

Comme au siècle précédent, mais dans une plus large mesure, le rendement varie en fonction du choix des cépages, d’une part, des apports de terres et d’engrais, d’autre part.

La vigne produit bon an, mal an, 10 hl/ha pour les vins de qualité, 20 hl/ha pour les vins ordinaires.

Dans la première moitié du siècle, le vigneron fait généralement le vin et le cède ensuite aux négociants.

Les pressoirs sont pour la plupart, comme au XVIIIème siècle, du type « étiquet », ronds ou carrés, d’une contenance de 4.000 kg de raisins ; on les appelle « pressoirs verticaux ».

La maison Moët & Chandon dispose d’un grand livre de comptes in-folio où l’on retrouve parmi les clients célèbres, Bonaparte, Premier consul, Madame Mère, Joséphine, etc.

Deux nouvelles catégories d’intermédiaires se développent : les commis-voyageurs, qui prospectent les marchés, et les agents, qui y représentent une Maison de Champagne.

Voici la plaisante description qu’en donne Adolphe Ricard dans Les Français peints par eux-mêmes : « Le Champenois commis-voyageur pour les vins du cru n’a rien de commun avec les moeurs à la houzarde des courtiers bourguignons de Bercy. Il dîne chez Véfour. Il a horreur de l’intempérance. Il ne parle de son article que modérément, et il le débite pour l’ordinaire dans les salons, dans les promenades, au foyer de l’Opéra, après une conversation dans laquelle il a mis finement sur le tapis les vertus du vin de Champagne mousseux ; il termine toujours l’entretien en disant d’un air innocent : « Je vous en adresserai une caisse ; mais, de grâce, ne vous croyez engagé à rien quand vous l’aurez reçue. » En parlant ainsi, il boutonne ses gants blancs, ou il joue avec son lorgnon ; puis laissant là le vin d’Aï, il vous parle des chevaux de Lord Seymour, ou des eaux minérales de Bagnères ».

Histoire des Vins de Champagne
Révolution

26 juillet 1807

Rentrant en France, après la signature de Traité de Tilsit, Napoléon Ier, accompagné de Joachim Murat, s’arrête à Épernay pour visiter les caves de la maison Moët, devenue cette même année Moët et Cie.

A l’entrée des caves, une inscription en lettres d’or mentionne cette rencontre impériale.

Histoire des Vins de Champagne
Révolution

1814

Fondation de la maison Georges Duminy, dont seule la marque subsiste, propriété depuis 1936 de la maison Ayala et Cie.

Sur la carte du restaurant des Frères Provençaux, le Château-Lafite est à 7 francs, le Chambertin à 6 francs, à égalité avec le vin mousseux de Champagne.

Dans son Histoire de la ville d’Épernay, depuis sa fondation jusqu’à nos jours, publiée en 1868, Victor Fiévet rapporte que :

« Les étrangers, en passant à Épernay, avaient apprécié nos vins de Champagne, et y avaient, par conséquent, pris goût ; avant de quitter nos coteaux, ils en achetèrent qu’ils firent adresser à leur destination ce qui donna une grande vogue à nos vins blancs mousseux dont l’exportation a centuplé depuis cette époque. »

Dans sa Notice sur la Maison Moët & Chandon d’Épernay, Raphaël Bonnedame relate l’anecdote suivante :

« Lorsque […] les allés repassèrent à Épernay, ils se souvinrent du vin de Champagne qu’ils n’avaient pas eu le temps de déguster à loisir, et livrèrent un combat d’un nouveau genre à ce produit nouveau, qui succomba.

« Les caves de M. Moët rapidement vidées, ce dernier en prit philosophiquement son parti.

« Tous ces officiers qui me ruinent aujourd’hui, répondait-il à ceux qui le plaignaient, feront ma fortune demain. Je me fais de tous ceux qui boivent mon vin, autant de voyageurs qui en rentrant dans leur pays feront l’article pour ma Maison. »

Louis Bohne demande à Madame Clicquot de « faire imprimer ou graver une jolie vignette », pour habiller des bouteilles de Bouzy rouge, ce qui constitue probablement une des toutes premières étiquettes utilisées en Champagne.

L’ancre marine n’est plus la seune marque à feu utilisée par Madame Clicquot. En raison du succès remporté cette année-la par les vins de 1811, Louis Bohne suggère que certains bouchons soient gravés d’une étoile « qui rappelle l’influence bienfaisante de la Comète » et « pendant que vous aurez d’aussi bons vins, cette marque flatte tout le monde ».

Histoire des Vins de Champagne
Révolution

12 février 1814

Lors de la première occupation d’Épernay, Jean-Rémy Moët reçoit les Alliés en tant que maire de la ville, et « sa noble conduite lui vaut la protection des princes alliés et, plus tard, la royale commande de Louis XVIII ».

Dans les jardins de la maison Moët & Chandon, on montre encore aujourd’hui un imposant sophora sous les branches duquel se sont réunis : « L’empereur d’Autriche François II, le tsar de toutes les Russies Alexandre Ier, le grand-duc Nicolas (futur tsar), le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, le tout jeune prince héritier de Prusse (qui deviendra cinquante-sept ans plus tard l’empereur d’Allemagne Guillaume Ier ), le prince Guillaume d’Orange (futur roi de Hollande), le prince de Metternich- Winneburg et le duc de Wellington », pour boire une pinte de champagne.

Histoire des Vins de Champagne
Révolution

10 septembre 1815

« Le champagne est fourni par la maison Moët, à raison de 1.900 bouteilles à 3 francs et 300 bouteilles de qualité supérieure à 4 francs ».

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

9 janvier 1833

Lorsque Jean-Rémy Moët se retire des affaires, la maison qu’il laisse à son fils Victor Moët-Romont et à son gendre Pierre-Gabriel Chandon de Briailles, devenu son associé depuis 1816, prend le nom de « V. Moët & Chandon-Moët », puis très vite celui qu’elle porte encore aujourd’hui « Moët & Chandon », inaugurant ainsi une marque qui « deviendra bien avant la fin du siècle familière dans tout endroit du monde civilisé ».

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

1840

Rémi-Madgelaine Chaurey, tonnelier de son état, fonde à Épernay une maison, dont l’activité essentielle consiste à champagniser des vins pour le compte de vignerons ou de négociants ayant déjà pignon sur rue.

Mariage de Charles Perrier, fils cadet de Pierre Nicolas Perrier et de Rose Adélaïde Jouët, avec Octavie Gallice.

Début des travaux de construction de l’hôtel du Marc, rue du Marc à Reims, initiés par Mathieu Edouard Werlé sur un terrain appartenant à Madame Clicquot qu’il rachète cinq ans plus tard.

A côté du vin mousseux de Champagne rosé, il existe du vin mousseux de Champagne normal légèrement rose, produit dans les années où la maturité du raisin est excessive.

Sur un avertissement alors joint aux expéditions de la maison Moët & Chandon, on lit que « les meilleurs vins blancs de Champagne se faisant avec le raisin noir, une plus grande maturité, dans les années chaudes, leur donne une légère nuance de rose, qui, bien loin de leur nuire, est une preuve d’excellente qualité ».

Dans Facts about champagne and other sparkling wines, Henry Vizetelly, qui vit et écrit au XIXème siècle, situe l’apparition de la coupe à champagne au début de l’ère victorienne en Angleterre et sous la monarchie de Juillet en France, c’est-à-dire autour de 1840 pour l’un et l’autre pays.

Plus satisfaisante que la précédente version venue de Bourgogne, la première machine à maillet, destinée à boucher les bouteilles, voit le jour.

Constitué par deux planches de bois, de forte épaisseur, assemblées par des charnières et formant un angle aigu lorsque les extrémités opposées reposent à terre, le pupitres remplace peu à peu les planches horizontales qui reste ront cependant utilisées pendant longtemps encore dans le remuage des bouteilles.
Chacune des deux planches comporte dans le sens de la largeur dix rangées de six trous. On peut donc mettre sur un pupitre 120 bouteilles et, s’il est volumineux, il tient cependant moins de place que les planches horizontales. De plus, il peut être plié lorsqu’il n’est pas en service. Le remueur travaille debout et a ainsi accès à toutes les rangées.

Le prix moyen de la bouteille de vin mousseux de Champagne prise chez le producteur est de 4,50 francs.

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

1848 - 1869

De 164.657 bouteilles, en 1848, les ventes de la maison Moët & Chandon passent à 420.203, en 1852, 795.538, en 1856, 1.015.891, en 1860, 1.518.390, en 1865 et 2.508.105, en 1869. Dans le même temps, celles de toute la région augmentent de 7.160.450 à 17.487.300 bouteilles.

De 4,3 % des expéditions totales de la Champagne, en 1845, les ventes de la maison passent à 5,3 %, en 1855, 9,1 %, en 1860, 11,5 %, en 1865 et 14,3 %, en 1869.

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

2 septembre 1849

A cette occasion, Victor Fièvet rapporte dans son Histoire de la ville d’Épernay, depuis sa fondation jusqu’à nos jours, que « le champagne se mit à couler à pleins bords aux pieds de Louis Bonaparte ; Avize, Oger, Le Mesnil, Épernay, Sillery, Ay, Mareuil, Dizy, Pierry et Hautvillers offrirent à l’illustre visiteur la fine fleur de leurs bouteilles mousseuses. »

Après avoir visité les caves de la maison Moët & Chandon, conduit par le premier magistrat de la ville et le maître de céans, « le Président daigna dire […] : « Trois choses essentielles ont manqué au génie et à la gloire de mon oncle. Il n’a pas connu l’éclairage au gaz ; il a repoussé l’application de la vapeur ; il a dédaigné le vin de Champagne. »

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

1849 - 1850

Conflit entre les maisons Jacquesson et Fils et Moët & Chandon portant sur l’origine des vins mousseux de Champagne et la bonne foi commerciale.

Alors qu’à l’époque, la bouteille de vin mousseux de Champagne de bonne marque, cuvée normale, se vend ordinairement 3,50 francs, la maison Jacquesson et Fils, suivi par quelques autres négociants, décide de la vendre 2,25 francs.

La maison Moët & Chandon fait publier dans la plupart des grands journeaux un avertisse ment ainsi rédigé : « Les prétendus vins de Champagne à 2 francs ne serviront qu’à faire mieux ressortir la qualité des vins vrais des bonnes maisons, comme celle entre autres de MM. Moët & Chandon ».

Adolphe Jacquesson riposte par le biais d’un article d’une demi-page dans le Charivari du 12 janvier 1850. Il y reprend toute l’affaire, affirme acheter et vendre plus de trois fois autant de vrais vins de Champagne que la maison Moët & Chandon, et explique l’écart entre les prix de vente des deux maisons par les bénéfices exagérés de MM. Moët & Chandon et de leurs agents.

Arguant d’une différence d’origine des vins, la maison Moët & Chandon réplique dans le même journal, dont les rédacteurs, dans cette dispute, trouvent matière à chroniques savoureuses.

Histoire de la Champagne
Restauration

1er juillet 1851

Grâce à un apport en capital de 47.366 francs fait par sa mère et à la caution que celle-ci donne pour garantir d’éventuelles dettes, Pol Roger peut officiellement constituer la maison de négoce en vins de Champagne Pol Roger et Cie.

Au cours de ses premières années d’activité, Pol Roger consacre toute son énergie à élaborer des vins de qualité, à des prix raisonnables, expédiés avec soin et accompagnés de recommandations pour la consommation. De solides principes commerciaux encore en usage aujourd’hui.

En dehors de la clientèle française et interna tionale qu’il se constitue peu à peu, Pol Roger produit des vins « tranquilles », des vins « sur lattes », et des vins dégorgés et dosés, pour le compte d’autres maisons de Champagne.

De 1851 à 1890, on retrouve dans les carnets de commande de la société les noms de :
Ayala et Cie, Besserat de Bellefon, Billecart-Salmon, Bouche Fils et Drouez, Canard-Duchêne, Delamotte, Delbeck, De Saint Marceaux et Cie, Deutz et Geldermann, De Venoge, G.H. Mumm et Cie, Jacquesson et Fils, Joseph Perrier Fils et Cie, Kunkelmann et Cie, Lanson Père et Fils, Moët & Chandon, Perrier-Jouët et Cie, Pommery et Greno, Ruinart, Théophile Roederer et Cie…

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

1852 - 1895

Associé, puis seul patron de la maison Moët & Chandon, Paul Chandon de Briailles transforme la société en commandite simple, attribue tous les actifs fonciers et immobiliers de l’entreprise à Victor-Auban Moët et à son épouse en échange de leurs actions, et accorde un système de rémunération et de prévoyance favorable et novateur au personnel de la maison.

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

1855

La classification qui figure dans Le Cuisinier et le Médecin présente beaucoup d’intérêt, car elle ne concerne que les vins mousseux de Champagne.

On y a conservé les deux premières classes d’André Jullien en faisant passer Cramant de la seconde à la première et en ajoutant à la deuxième : Chigny, Dizy, Épernay, Mailly, Saint-Martin-d’Ablois, Vertus et Villers-Marmery. On a ajouté une troisième classe comprenant Avenay, Chouilly, Cuis, Grauves, Mardeuil, Monthelon, Moussy et Villers-Allerand.

De plus en plus de vignerons cessent de vinifier et vendent aux grandes maisons de négoce le raisin au kilo.

Dans Au Pays du champagne : le Vignoble, le Vin, Camille Moreau-Bérillon rapporte que « l’usage s’établit dans la plupart des grands crus de la Marne de vendre le raisin au kilo gramme », usage généralisé toutefois dans la seule Montagne de Reims. Dans certains grands crus, on continue à vendre le vin à la pièce, et dans le reste du vignoble, on applique l’une ou l’autre formule, ou les deux simultanément.

Dans le journal la Vigne du 20 septembre 1873, on lit ce qui suit : « La vente du raisin au kilog a commencé en 1855. C’est à M. Louis Roederer qu’on doit attribuer cette invention ».

Apparaissent pour la première fois sur les étiquettes de la maison Moët & Chandon les mentions « sec » et « dry » pour le marché américain.

Lors d’une vente chez Christie’s , la douzaine de bouteilles de champagne P.A. Mumm et Cie 1842 obtient le prix confortable de 62 schillings.

Histoire de France
Restauration

1856

Sur les conseils de la maison Moët & Chandon, Pol Roger contacte leur argent à Londres, Lightly & Simon, qui désire vendre un champagne de qualité sous sa propre marque, parallèlement à la gamme Moët & Chandon. Leur collaboration durera jusqu’en 1872.

Histoire des Vins de Champagne
Restauration

1862

Le tarif de la maison Moët & Chandon s’étale de 3,75 à 5,50 francs, selon la qualité des vins.

La maison Moët & Chandon adresse à ses clients un prix courant qui précise que le vin « Crémant d’Ay ne peut être obtenu que dans les meilleurs crus et dans les années tout-à-fait remarquables » ; il est offert à la vente en blanc et en rosé et vaut 25 % de plus que les autres qualités.

Sur un prix courant de la maison Moët & Chandon établi pour la Belgique, on lit que « la règle de la maison est d’expédier les vins avec les bouchons goudronnés, et les bouteilles sans étiquettes ; ceux des commettants qui désirent des feuilles d’étain et des étiquettes doivent en faire mention dans leurs commandes ».

Histoire de France
Restauration

Février 1870

Pour le début de sa trentième année d’activité, Pol Roger reçoit le plus important ordre d’achat passé à sa société : la maison Moët & Chandon acquiert 356.460 bouteilles, 187.414 demi-bouteilles, plus 63.992 l de « vin tranquille » pour assemblage, soit une commande à livrer dans l’année en cours totalisant 810.300 francs.

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République

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