Honoré Daumier

France (1808 - 1879)
Artiste, Personnalité du Champagne, Personnalité du monde

Honoré-Victorien Daumier est né à Marseille en 1808. Son père, vitrier de son métier, s’adonne à ses heures perdues à la littérature et décide finalement en 1816 de "monter" en famille à Paris pour y tenter sa chance comme poète. Ce n’est finalement pas le père, mais le fils qui restera dans l’histoire de l’art.

Le petit Honoré entre à l’âge de douze ans comme coursier chez un huissier, et quelques temps plus tard, comme commis à la librairie Delaunay du Palais Royal. Il prend parallèlement des cours dans une académie de dessin où il est immédiatement remarqué par Alexandre Lenoir, illustre fondateur du Musée des Monuments Français. C’est le début d’une grande carrière pour Daumier dont les talents ne vont cesser de se diversifier, tandis que l’homme s’engage résolument en faveur de la cause républicaine.

En 1828, Daumier réalise ses premières lithographies pour le journal "La Silhouette". En 1830, il dessine ses premières caricatures pour "La Caricature". C’est en 1832 qu’il entame sa longue collaboration avec "Le Charivari". Ce journal, fondé par Philipon, est spécialement dirigé contre Louis-Philippe et va jouer un rôle important dans la vie politique de l’époque.

L’impudence, alliée à un art consommé du dessin, confère aux caricatures de Daumier une immédiate célébrité. Elle lui vaut aussi d’être condamné en 1832 à six mois d’emprisonnement - qu’il effectue à Sainte Pélagie - pour la publication d’une caricature, particulièrement cruelle pour le régime, représentant Louis-Philippe en Gargantua.

Il a cependant fallu attendre 1835, année de l’adoption des lois sur la censure, pour que Daumier renonce à la satire politique qu’il est contraint d’abandonner pour se tourner vers la caricature de mœurs. Il y excelle (Robert Macaire, Les Gens de Justice, Les Bons Bourgeois...) sans omettre toutefois de témoigner de certains événements tragiques ou de scènes fortes se déroulant à Paris ("Rue Transnonain, 15 avril 1834", "Le Ventre Législatif").

La révolution de 1848 permet ultérieurement à Daumier de retrouver sa veine politique ("Le Dernier Conseil des Ministres"). Puis à partir de 1860, tout en continuant sa prolifique production de lithographies, Daumier se consacre davantage à d’autres formes d’expression artistique : le dessin, la peinture (les "Don Quichotte" par exemple), la sculpture ("Ratapoil", notamment).

En 1865, Daumier - il a 57 ans - connaît de graves difficultés financières de sorte qu’il ne peut plus assumer les charges immobilières de son atelier du Quai d’Anjou à Paris. Son ami le sculpteur Geoffroy-Dechaume le convainc de partir s’installer avec sa femme Didine à Valmondois (Val d’Oise) où son autre grand ami Corot lui prête une jolie maison au centre du village. Il y demeure jusqu’à sa mort en 1879.

Un an plus tard, son corps est exhumé du cimetière de Valmondois pour être transféré à Paris au cimetière du Père Lachaise, où l’artiste repose aux côtés de ses amis Corot et Daubigny.