UMC - Grandes Marques et Maisons de Champagne

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Chronologie des évènements

Œuvre d’Eric Glâtre de 2001
(actualisation UMC)

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1709

Hiver particulièrement rigoureux, entraînant
une grande famine, après les mauvaises récoltes de l’été, et une crise économique généralisée, qui coïncide avec les défaites de la Guerre de Succession d’Espagne.

Histoire de France
Siècle des Lumières

7 juin 1706

Dans le Journal des Sçavans, apparaît le mot «  flacon » utilisé en Champagne pour désigner la bouteille.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1er avril 1706

Pierre Le Pescheur, médecin rémois très considéré, rédige une Réponse à la troisième édition de la lettre de M. de Salins l’aîné nouvellement imprimée à Beaune, contre la thèse soutenue à Reims, en faveur du vin de Champagne.

Jean-Baptiste de Salins l’aîné veut répondre à nouveau, mais son frère de Dijon, Hugues de Salins, auquel il a imprudemment envoyé sa réplique, s’approprie celle-ci et la fait publier sous son nom.

« Sa » défense du vin de Bourgogne est tout à fait remarquable. La première édition, en latin, paraît à Dijon ; elle est traduite en français la même année, sous forme d’une Lettre écrite à un magistrat du premier ordre, pour réponse à un docteur rémois auteur d’un libelle diffamatoire, par deux lettres écrites contre l’honneur et la réputation des vins de Beaune, dédiée à M. Le Belin, conseiller du Roi au Parlement de Bourgogne.

Rapportant ses propos dans sa huitième livraison de l’année 1706, le Journal des Scavans porte la polémique sur la scène nationale, voire européenne :

« Pour avoir de bon vin, il faut que le terroir ne soit ni trop sec ni trop gras, que l’exposition soit plutôt au levant et au midi qu’au couchant, et que le lieu ne soit point trop éloigné de la ligne équinoxiale. Toutes ces conditions se rencontrent dans le terroir de Beaune ; mais pour le vin de Reims, il n’en va pas de même : celui qui croît sur les coteaux a une terre sèche comme de la craie, et celui qui croît dans des vallons a une terre trop grasse et trop visqueuse ; le pays outre cela est de trois degrés plus éloigné de la ligne équinoxiale que le pays de Beaune ; c’est ce qui fait que le vin de Reims n’a pas de force, et qu’il n’est pas propre à nourrir le corps ; au lieu que le vin de Bourgogne est si plein d’esprits, qu’à peine est-il hors du pressoir qu’il se dégage de toutes ses impuretés ce qui le rend plus capable de se tourner en nourriture et de fortifier le corps. On cite ici le témoignage d’Erasme, qui dit dans la vingt-cinquième lettre du livre cinq qu’étant malade à Louvain, et craignant d’être attaqué de peste, il ne trouva pas de meilleur moyen pour rétablir son estomac languissant, que de boire un peu de vin de Beaune. Notre auteur remarque qu’à Paris, avant l’année 1648, on ne parlait presque pas du vin de Champagne. Il ajoute que sans les soins de M. Le Tellier et de M. Colbert, qui avaient beaucoup de vignobles à Reims, ce vin serait peut-être encore aussi méprisé qu’autrefois.

« Le vin de Champagne, poursuit notre auteur, abonde moins en esprits, en baume, en sels fixes et volatiles, que le vin de Bourgogne ; ce qui fait, dit-il, que le vin de Champagne est sujet à s’engraisser, et qu’il devient presque insipide avant qu’il soit à la moitié du tonneau. De plus, le vin de Champagne s’affaiblit par le transport, celui de Bourgogne au contraire n’en devient que meilleur.

« Le vin de Champagne n’enivre presque pas, dit l’auteur de la thèse soutenue à Reims, mais c’est en cela même, réplique-t-on ici, qu’on doit regarder ce vin comme un vin privé d’esprit, et par conséquent comme un vin capable de produire des paralysies, des gouttes, des rhumatismes, et une infinité d’obstructions opiniâtres ; au lieu que le vin de Bourgogne, par la subtilité de ses sels, désobstrue les vaisseaux Iymphatiques de la rate et des reins, et emporte même toutes les matières qui pourraient donner lieu à la génération de la pierre. Il est vrai qu’il porte à la tête, mais une tasse de thé ou de chocolat remédie bientôt à cet inconvénient. Le vin de Bourgogne rend l’esprit libre, fournit des pensées, fortifie la mémoire, ce qui est le propre de tous les bons vins. »

Quelques mois plus tard, le même Journal des Sçavans publie une réponse « pied à pied » à la lettre du médecin de Beaune, par celui de Reims. Après avoir plaisanté son compétiteur sur son argumentation géographique et historique, on en vient aux faits, et aux explications techniques :

« On demande où M. de Salins a appris que le vin de Reims a été mis en crédit par deux de nos ministres, à cause des vignes qu’ils avaient en Champagne. Tout le monde sait que l’un de ces ministres n’y a jamais possédé aucun autre domaine que la terre de Louvois, dont le revenu ne consiste qu’en bois ; et que l’autre y avait si peu de vignes [...].

« Le vin de Champagne ne souffre ni la mer ni le long transport par charrois [...]. Il passe incomparablement plus de vin de Champagne en Angleterre, en Allemagne, en Danemark et dans tout le nord, que de vin de Bourgogne [.. .]. Depuis qu’on a trouvé le secret de tirer les vins au clair, on mènerait les vins de Champagne au bout du monde [...]. Mgr de La Haye rapporte dans ses voyages que, passant la ligne [l’Equateur], le vin de Reims, s’étant troublé comme les autres, redevint clair et sans aucune altération de ses qualités, ce qui n’arriva point aux autres vins. M. Tavernier assure qu’il a toujours fait présent de vin de Champagne aux souverains [en Perse]. Un voyageur moderne a dit en avoir bu au Siam et Surinam. Mgr de La Feuillade n’a envoyé au duc de Savoie que du vin de Champagne.

« Pour ce qui est du temps que les vins de Champagne mettent à s’éclaircir [...], il est vrai de dire que les vins sont d’autant plus exquis qu’ils sont plus lents à fermenter et à se purifier. C’est ce que nous remarquons dans les années chaudes et sèches, où les vins de Champagne ne sont purifiés que vers Noël. On ne doit donc pas regarder comme un défaut dans les vins de Champagne, de fermenter plus lentement, puisque c’est de là qu’ils deviennent plus chauds de vin, que l’acrimonie de leurs sels s’adoucit, et que leur sève est plus fine. Il est vrai qu’on peut conclure de là que les vins de Champagne abondent en parties oléagineuses, mais ces parties y sont si nécessaires que moins il s’en perd par la fermentation, plus ils sont agréables à l’odorat et au goût. Les vins de Bourgogne au contraire, achevant plus tôt leur fermentation et leur défécation, en deviennent plus grossiers, à cause de l’évaporation de ce qu’ils pourraient avoir de subtil. De là vient que leur couleur est d’un rouge jaunâtre, cette couleur ne pouvant être que l’effet de la terre, des sels, et des souffres grossiers dont ils sont chargés... ».

« Et le défenseur rémois de conclure : «  Il n’y a point de province qui fournisse de plus excellents vins pour toutes les saisons que la Champagne. Elle nous founnit les vins d’Aÿ, d’Avenay, d’Hautvillers jusqu’au printemps ; de Sillery et de Taissy pour le reste de l’année et au delà. Léon X, Charles Quint, François ler, Henri Vlll [eurent] du vin d’Aÿ. C’est le plus épuré de toute senteur de terroir, celui qui a le goût le plus exquis. Henri IV se faisait appeler Seigneur d’Aÿ et de Gonesse : honneur qu’il n’a pas fait à Beaune, ni à Volnay.

« Venceslas, roi de Bohême et des
Romains, étant venu en France pour quelque négociation avec Charles Vl, se rendit à Reims au mois de mars 1397. Quand il fut dans cette ville, il en trouva le vin si bon, qu’il s’en enivra plus d’une fois, et qu’un jour s’étant mis par là hors d’état d’entrer en négociation, il aima mieux accorder ce qu’on lui demandait, que de cesser un moment de boire du vin de Reims
.

« Mais, dit M. de Salins, il y a peu d’années que le sieur Machien (Mathieu) Fournier soutint dans les écoles de médecine de Paris que le vin de Reims causait la goutte. M. Fournier peut dire tout ce qu’il lui plaira, par bonheur sa thèse ne donne pas la goutte. Le vin de Reims a été célébré dans les écoles de Paris dès 1677 [...]. La conclusion de la thèse était Donc le vin de Reims est le plus salubre de tous ».

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1705

François Mimin, natif de Reims, s’attaque énergiquement au vin de Bourgogne, dans une thèse qui connaît un très gros succès. Comme elle est écrite en latin, naturellement, elle est traduite en français pour être mise à la portée de tout le monde.

Le dernier paragraphe est seul consacré au vin de Champagne. « Sa couleur, écrit-il, est si vive que le diamant le plus pur ne brille pas davantage aux yeux ; quelquefois, le rouge est si vermeil qu’on le prendrait pour des rubis distillés ; enfin, c’est de l’union de ces deux couleurs que se forme ce que nous appelons « l’œil de perdrix », qui, pour n’avoir pas tant d’éclat, n’en est pas moins agréable à l’œil ».

Le fameux argument de la goutte revient alors, retourné comme il sied, en faveur du vin de Champagne qui présente en outre l’avantage de conserver la santé, et de conduire ceux qui en boivent jusqu’à un âge avancé.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

Juillet 1702 - octobre 1704

JGuerre des Camisards.

Révoltés à la fois contre l’intolérance dont ils sont les victimes et la fiscalité écrasante, les protestants des Cévennes prennent les armes.

Louis XIV envoie contre eux le maréchal de Montrevel, dont les méthodes excessives accroissent les horreurs de cette guerre civile.

Dès qu’il lui succède à la tête des troupes royales, le maréchal de Villars adopte une méthode d’apaisement et réussit à négocier avec leur principal chef, Jean Cavalier, qui fait sa soumission contre de substantiels avantages.

Six mois plus tard, la révolte est terminée avec la capitulation définitive de Rolland, autre chef camisard.

Histoire de France
Siècle des Lumières

1702

Jean-Baptiste de Salins l’aîné, docteur de la Faculté et doyen des médecins de Beaune, écrit, au sujet de la thèse de Gille Culotteau, un factum de vingt-trois pages, intitulé Défense du vin de Bourgogne contre le vin de Champagne, par la réfutation de ce qui a été avancé par l’auteur de la thèse soutenue aux écoles de médecine de Reims, le 5 mai 1700, où il y a plus de mauvaise humeur que de bonnes raisons, pour démontrer que le vin de Champagne n’est que le cadet du Bourgogne.

« Ecrire contre le vin de Bourgogne, dit-il, tâcher de diminuer la réputation que cet excellent vin s’est acquise depuis tant d’années et vouloir en place élever le vin de Champagne, c’est une hardiesse indigne, c’est une arrogance contre laquelle je n’ai pu tenir, il faut être pour cela d’une témérité plus que forcenée. »

L’ouvrage connaît un tel succès, qu’il est réimprimé trois fois dans l’espace de quatre années, à Beaune, Paris et Luxembourg.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1701 - 1714

Guerre de la Succession d’Espagne, entreprise à cause du testament de Charles II d’Espagne, décédé sans descendance, qui lègue tous ses Etats à Philippe, duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV (lui-même petit-fils de Philippe III d’Espagne), lequel conserve par ailleurs tous ses droits à la succession au trône de France pour le cas où la branche aînée des Bourbons viendrait à s’éteindre, et parce que Louis XIV soutient les prétentions du fils de Jacques II Stuart au trône d’Angleterre.

L’Europe entière réunie dans la Ligue de La Haye, exceptée l’Espagne et la Bavière, entre une nouvelle fois en guerre contre la France.

Les principaux faits de cette guerre sont : les victoires du duc de Villars à Friedlingen et Hochstedt, les défaites de Marsin et Tallard à Hochstedt, celles du maréchal de Villeroi à Ramillies et du duc de La Feuillade à Turin ; les victoires de Berwick et duc de Villars à Almanza et Stalhofen ; les défaites des ducs de Vendôme, de Bourgogne et de Villars à Oudenarde, Lille et Malplaquet ; les victoires des ducs de Vendôme et de Villars à Villaviciosa et Denain.

Par le Traité d’Utrecht, Louis XIV cède à l’Angleterre Terre-Neuve, l’Acadie, la baie d’Hudson, déclare abandonner la cause des Stuarts et s’engage à combler le port de Dunkerque. Philippe V d’Espagne conserve toutes ses colonies, mais renonce pour lui et sa postérité au trône de France. Il abandonne à l’Angleterre Gibraltar et l’île de Minorque, ainsi que l’asiento, monopole de la traite dans ses possessions coloniales.

Par le Traité de Rastatt, l’empereur d’Autriche Charles VI obtient les Pays-Bas, le Milanais, la Toscane, le royaume de Naples et la Sardaigne. Le duc de Savoie reçoit la Sicile ; la France, Barcelonnette et la principauté d’Orange.

Histoire de France
Siècle des Lumières

1701

Lettre de Charles de Marguetel de Saint-Denis, marquis de Saint-Evremond, à Lord Galloway :
« Jamais on n’aura d’excellents vins de Monta
gne qu’on ne leur donne un peu de corps [...] On a laissé prendre un tel ascendant aux vins de Bourgogne, malgré tout ce que j’ai dit et ce que j’ai écrit des vins de Champagne, que je n’ose plus les nommer. Vous ne sauriez croire la confusion où j’en suis
 ».

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1700

En ce tout début du XVIIIème siècle, les marchands en vins de Champagne sont nombreux. Ils vendent principalement des vins tranquilles. Les plus connus, sans parler de ceux qui exercent dans les bourgs du vignoble, s’appellent Geoffroy, Bertin du Rocheret, de Partelaine, Chertemps à Épernay, Allart de Maisonneuve et Drouin de Vieville à Reims.

C’est à la véritable déclaration de guerre lancée quatre ans plus tôt sur la question de savoir si « le vin de Reims est plus agréable et plus sain que celui de Bourgogne » que la thèse de Gilles Culotteau apporte une réponse affirmative. Parmi les arguments cités à titre de témoignage : la longévité d’un vigneron d’Hautvillers nommé Piéton, qui se maria à l’âge de 110 ans et mourut à 118.

Accueillie avec enthousiasme par la cité de Reims, cette thèse est traduite en français et amplement répandue. Elle porte pour titre : Question agitée le 5 mai de l’an 1700, aux Écoles de médecine de Reims, si le vin de Reims est plus agréable et plus sain que le vin de Bourgogne.

Dom Pérignon et Frère Oudart parviennent à donner à leurs vins une qualité très supérieure à celle de la plupart des crus de Champagne. Les prix de vente en témoignent, tels que les indique, dans une lettre du 13 novembre, Adam Bertin du Rocheret au maréchal d’Artagnan :

« Les bons vins et les plus excellens se vendent 400, 450, 500, 550 livres la queue (1 ouvrier gagne 1 livre et demie par journée de travail). Les médiocrement bons qui sont pourtant bons se vendent 300 livres, ceux d’après se vendent 150 livres. J’omettois de vous dire que ceux des religieux d’Oviller et de Saint-Pierre sont de 800 à 900 livres. »

Dans l’épilogue de The Constant Couple, Farquahr adresse au vin de Champagne un joli compliment, en même temps qu’il atteste que c’est la boisson favorite des meilleures tavernes :

« Maintenant tous s’en vont, chacun à sa façon, passer la soirée à parler de la pièce. Certains se retirent au café par souci d’économie. D’autres, plus larges, vont la mettre sur le gril au Locket’s ; mais là au moins, je l’espère, les craintes de l’auteur seront vaines car la méchanceté ne s’est jamais exprimée à travers le généreux champagne ».

Exilé à Saint-Germain-en-Laye, Jacques II d’Angleterre faisait du vin de Champagne son ordinaire, si on en croit ce qu’écrit le duc de Saint-Simon au sujet des démêlés qu’il eut avec l’archevêque de Reims, Charles-Maurice Le Tellier, lors de l’Assemblée du Clergé :

« Monsieur de Reims y tenoit une grande table, et avoit du vin de Champagne qu’on vantat fort. Le roi d’Angleterre, qui n’en buvoit guères d’autres, en entendit parler, et en envoya demander à l’archevêque, qui lui en adressa six bouteilles. Quelque temps après, le roi d’Angleterre, qui l’en avoit remercié, et qui avoit trouvé ce vin fort bon, l’envoya prier de lui en envoyer encore. L’archevêque, plus avare encore de son vin que de son argent, lui manda tout net que son vin n’étoit point fou et ne couroit pas les rues, et ne lui envoya point ».

L’abbé de Chaulieu est le premier poète qui fasse allusion au vin effervescent de Champagne, dans une invitation en vers adressée à la duchesse de Bouillon :

« Viens, Phylis, avec moi viens passer la soirée.
A l’envi de tes yeux vois comme ce vin brille.
Verse-m’en, ma Phylis, et noye de ta main,
Dans sa mousse qui pétille,
Les soucis du lendemain
. »

On notera qu’avec ou sans bulles, depuis les années 1660 en Angleterre, depuis peu en France, on écrit indifféremment « vin de Champagne » ou « champagne », la deuxième version étant surtout employée en littérature et dans le style familier.

Histoire de la Champagne
Siècle des Lumières

Fin du XVIIème siècle

Si la Champagne n’a toujours pas de vins mousseux, elle dispose d’un ensemble complet de vins tranquilles.

Avec les raisins noirs, on fait des vins gris, qui sont des vins blancs de grande réputation, produits autour d’Épernay et sur les versants de la Montagne de Reims. On fait aussi, dans toute la province et en grande quantité, des vins rouges de consommation courante, de couleur peu définie. Mais il existe également des vins rouges de qualité, produits dans certains crus de vins gris et dans la région de Bar-sur-Aube.

Avec les raisins blancs, quand on ne les mélange pas à la vendange noire, on fait un peu partout et en petite quantité des vins blancs assez mauvais, mais on en fait de meilleurs sur les pentes de la falaise crayeuse située au Sud de la Marne d’Épernay et autour de Bar-sur-Aube.

Il existe aussi deux singularités, qui se consomment l’hiver même de leur vinification, la tocane, vin nouveau fait de la mère-goutte, et le vin bourru provenant de raisins blancs laissés « sur souche jusque vers la Toussaint, quelquefois vers le huit ou le dix de novembre, qu’il fait des matinées froides ».

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1698

Les « vins de Montagne » partagent désormais le succès des « vins de Rivière », avec toutefois des fortunes diverses, ainsi que l’atteste l’intendant de Champagne Larcher, marquis de Baye, dans son Mémoire annuel de la Généralité de Châlons :

« Election de Reims : Tout le monde connoît la bonté de ces vins qui sont sans conteste les meilleurs du monde. Election d’Épernay : Sa principale richesse est en vins qui y sont partout fort bons, et dont les plus excellens sont ceux d’Auvillers, de la vallée de Pierry, de Cumières, d’Aï et de Mareüil. Ces vins ont été depuis cinq ou six ans preferez (au goût des bons connoisseurs) aux meilleurs des montagnes de Reims à cause de leur délicatesse qui n’en diminue pas neanmoins la force ».

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1697

Un dialogue écrit par George Farquhar pour sa pièce Love and a Bottle donne la mesure du succès qui porte le vin effervescent de Champagne à la table des meilleurs cafés de Londres.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1696

Le « physicien » anglais George Hartman donne à ses compatriotes des recettes de la « façon anglaise » qui permettent d’obtenir des champagnes pétillants « aussi bons que ceux qui sont importés ».

Nouvelles attaques des Bourguignons, plus directes et plus violentes cette fois.

Jean-Baptiste Chaumel s’interroge devant la Faculté de médecine de Paris sur le fait de savoir si le vin de Bourgogne est préférable au vin de Champagne, tandis que Mathieu Denys Fournier soutient dans une thèse « que le sang engendré par le vin de Reims, pince, picotte les parties nerveuses et rend sujet aux débordements, aux fluxions d’humeur, à la goutte... ».

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1694

Premier chapitre général de l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes.

Histoire de la Champagne
Siècle des Lumières

1694

A la fin du mois de novembre, le vin de Bourgogne remplace sur la table royale le vin de Champagne. C’est d’abord une affaire médicale, dont l’enjeu est la santé du roi. Mais c’est aussi et surtout le résultat de la rivalité entre deux médecins, Antoine d’Aquin et Guy-Crescent Fagon.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1692 - 1694

Dans les Archives de la ville d’Épernay, on trouve deux lettres de Dom Pérignon faisant mention de vin en bouteilles :

- « Je vous envoyray aujourd’huy le vin en bouteilles... » (novembre 1692) ;

- « Jay donné vingt six bouteilles de vin, le meilleur du monde... » (septembre 1694)

Mais comme il est prouvé qu’on mettait couramment à l’époque les vins tranquilles en bouteilles, on ne peut pas en déduire qu’il s’agissait de vin effervescent, aucune mention de cette particularité ne figurant dans les lettres en cause.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1691

Création de la charge de commissionnaire courtier. A Épernay et Aÿ, ils sont 4.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1690

Antoine Furetière, dans son Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois, tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts, témoigne qu’il existe : « une espèce de liège d’Angleterre qui est en bois serré et moins poreux que le liège commun, qui est merveilleux pour faire des bouchons de bouteille, où l’on peut mettre du vin sans crainte qu’il s’évente ».

La réputation de Dom Pierre Pérignon devient une caution de qualité pour les vins de son abbaye, ainsi qu’en témoigne la lettre, datée du 23 septembre, que le marquis de Puysieulx écrit à Adam Bertin du Rocheret, commissionnaire en vins établi à Épernay :

« Je voudrais bien avoir deux excellentes pièces de vin de riviere. Je crois qu’il sera mieux d’en avoir d’Hautvillers que de nul autre endroit. Je vous prie de les demander de ma part au Père Prieur d’Hautvillers et à Dom Pierre Perignon, Procureur du susdit monastere et leur faites bien mes compliments ».

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

1690

Naissance à Fismes (ou à Damery, on ne sait au juste), de la grande tragédienne Adrienne Lecouvreur, amie de l’acteur Legrand, de Voltaire et de Maurice de Saxe, interprète sensible de la tragédie classique.

Histoire de la Champagne
Siècle des Lumières

1689

Malgré ce qu’en écrit La Bruyère dans les Caractères ou les moeurs de ce siècle, le vigneron est relativement privilégié, car la vigne est à l’époque d’un meilleur rapport que la terre de labour. Il n’est pas rare qu’elle lui appartienne. Il a en outre quelques têtes de bétail et loue ses services et sa compétence aux citadins et aux cultivateurs propriétaires de vignobles, à un salaire convenable. Celui qui ne possède pas de terre à vigne est fermier ou métayer, selon des modalités bien définies.

Histoire des Vins de Champagne
Siècle des Lumières

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